DARK SERMON

"De tout on ne garde que le meilleur". C'est comme ça qu'on peut résumer le travail du quintet américain DARK SERMON, qui mêle habilement les mélodies du death metal européen avec des attaques rugueuses, la complexité sans pitié du death metal technique et une saveur unique de NWOAHM qui forme une unité rafraîchissante et énergique. Bien que DARK SERMON vienne de Tampa (capitale mondiale du death metal qui a donné naissance à d'innombrables légendes de ce style musical), l'auditeur attentif reconnaîtra tout de suite diverses influences de ce côté de l'Atlantique.

Allant à contre-courant des tendances de masse et des modes esclaves qui dominent tristement le paysage metal d'aujourd'hui, DARK SERMON jette l'anathème sur les concepts de valeur marchande et de conformité de masse. Leur style s'inspire de la puissance monolithique de BEHEMOTH, couplée de l'expérimentation de GOJIRA. En termes d'inspiration américaine, on pensera à l'impulsivité déjantée incarnée par JOB FOR A COWBOY et THE BLACK DAHLIA MURDER.



Rétrospectivement, la carrière du quintet semblait déjà prédéterminée dès l'enfance, pendant laquelle les membres du groupe portaient déjà fièrement les logos de leurs groupes préférés et faisaient tourner les grand classiques sur leurs baladeurs. "L'art, la musique et l'expression de soi ont toujours représenté les aspects les plus importants de la vie pour moi", confie le chanteur Johny Crowder. "Nous sommes arrivés dans ce monde pour mettre en marche notre créativité!"

Le premier disque du groupe a été enregistré dans le fameux studio AudioHammer en Floride, qui a vu émerger de nombreux chefs d'œuvre du metal moderne. La voix puissante de Crowder se mêle à la perfection avec les prouesses d'Austin Good et Real Minor, soutenus par une violente rythmique insufflée par Austin Chandler à la basse et Bryson St. Angelo, véritable monstre derrière les fûts dont on entendra encore parler.

"In Tongues" impressionne par sa diversité. Aucun morceau ne se ressemble, on se laisse envahir par une tristesse, une rapidité et une dureté formant une parfaite combinaison. Prenons par exemple la chanson "Testament": une intro ravageuse suivie de riffs brutaux à couper le souffle, entremêlés de solos fulgurants. Ou encore l'épopée "Forfeit", divisée en deux parties `Forfeit I: The Crooked Quill´ et `Forfeit II: Worn Thin´, liés par un crescendo théâtral et qui forment les parties les plus lourdes de l'album. "Les textes abordent la confrontation désespérée d'un écrivain avec le sentiment d'être totalement indifférent au monde", explique Crowder. "Il s'est rendu compte que son travail ne sera jamais apprécié à sa juste valeur, alors il commence à accepter la mort comme une option, à condition qu'il soit enterré avec son stylo". La deuxième partie de 'Forfeit' met l'accent sur "la haine grandissante de Dieu, l'affaiblissement progressif du corps et de l'esprit ainsi que l'apparition de pensées suicidaires" du personnage.


Le titre `Imperfect Contrition´ devrait susciter un headbanging mondial généralisé. "Cette chanson aborde le sort d'un homme qui ne se supporte plus", déclare Crowder. "Un homme dont l'avenir est assombri par ses pêchés du passé. Tout ce qui lui reste est de demander grâce à Dieu, dont l'œil qui voit tout a échappé à la méchanceté".

A l'instar de ces chansons, le reste de l'album mène la voie vers une vie personnelle dense et atmosphérique, qui révèle de nouvelles facettes à chaque écoute. DARK SERMON a tout fait pour créer quelque chose de nouveau et de grandiose. Et ils ont réussi. Avec un premier album phénoménal comme "In Tongues", l'objectif que s'est fixé le quintet est à portée de main: influencer la prochaine génération de groupes de metal de la même manière qu'ils se sont inspirés de leurs modèles.



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